Frais d’achat immobilier : tous les coûts à prévoir (notaire, agence, garantie)

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Acheter un logement va bien au-delà du prix affiché : frais de notaire, honoraires d’agence, garantie de prêt et coûts d’installation pèsent lourd et se budgètent à l’avance. Voici le détail de chaque poste, barèmes 2026 à l’appui.

Frais d’achat immobilier : tous les coûts à prévoir (notaire, agence, garantie)

Combien faut-il prévoir en plus du prix affiché ?

Acheter un logement représente souvent plus qu’un simple paiement du prix affiché, car de nombreux coûts supplémentaires viennent s’y ajouter, parfois de manière inattendue. Ces dépenses annexes influent fortement sur le budget total et peuvent compliquer la réalisation d’un projet immobilier si elles ne sont pas anticipées correctement.

L’ordre de grandeur est simple à retenir : dans l’ancien, les seuls frais d’acquisition — ce que tout le monde appelle les « frais de notaire » — représentent entre 6 % et 8 % du prix, contre 2 % à 3,5 % pour un logement neuf. À cela s’ajoutent, selon les cas, les honoraires d’agence, le coût de la garantie du prêt, les frais de dossier bancaires et tout ce qui commence après la remise des clés. Voici la carte complète des postes à budgéter.

PosteQuand on le paieOrdre de grandeurNégociable ?
Frais d’acquisition (« frais de notaire »)Le jour de la signature de l’acte authentique6 à 8 % du prix dans l’ancien, 2 à 3,5 % dans le neufPas les taxes. Une remise de 20 % au plus est possible sur la part d’émoluments calculée au-delà de 100 000 €
Honoraires d’agenceÀ la signature de l’acte, si la vente passe par une agenceAutour de 5 % du prix, avec de fortes variations selon le mandat et le montantOui. Leur affichage est obligatoire et le taux se discute
Garantie du prêt (caution ou hypothèque)Au déblocage du prêtUne hypothèque coûte de l’ordre de 1,5 à 2 % du capital emprunté ; une caution mutuelle revient nettement moins cher, avec restitution partielle en fin de prêtLe tarif non, mais le choix entre les deux formules se discute avec la banque
Frais de dossier bancairesAu déblocage du prêtForfait ou pourcentage plafonné, propre à chaque banqueOui — c’est souvent le premier geste commercial obtenu
Assurance emprunteurChaque mois, pendant toute la durée du prêtVariable selon l’âge, l’état de santé et les garanties retenuesOui. La délégation d’assurance est possible à tout moment depuis la loi du 28 février 2022
Installation, travaux et chargesAprès la remise des clésDéménagement, travaux, mobilier, appels de charges de copropriété, taxe foncièreSans objet, mais entièrement budgétable à l’avance

Sources : barème des émoluments du notaire (article A444-91 du code de commerce, arrêté du 25 février 2026, en vigueur jusqu’au 29 février 2028) ; article 116 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) sur la majoration des droits de mutation ; barème DGFiP des taux départementaux ; immobilier.notaires.fr et lafinancepourtous.com pour les fourchettes de marché. Chiffres vérifiés le 3 septembre 2026.

Les quatre postes de frais qui s’ajoutent au prix affiché d’un achat immobilier

Les frais d’acquisition : le poste principal, et le plus mal nommé

Une part majeure des frais supplémentaires correspond aux sommes versées chez le notaire, globalement appelées frais de notaire mais qui dépassent très largement la rémunération du professionnel. Elles se décomposent en trois blocs bien distincts.

Les droits de mutation forment de loin la part la plus lourde : ce sont des taxes reversées au département, à la commune et à l’État, sur lesquelles ni vous ni le notaire n’avez la main. Les émoluments rémunèrent le notaire ; ils obéissent à un tarif national fixé par arrêté, avec un barème progressif par tranches — de 3,870 % pour la part du prix inférieure ou égale à 6 500 € à 0,799 % pour la part supérieure à 60 000 €, le tout majoré de la TVA à 20 %. Les débours, enfin, sont les sommes que le notaire avance pour votre compte auprès de tiers : cadastre, état civil, urbanisme, renseignements demandés au syndic, publicité foncière. S’y ajoute la contribution de sécurité immobilière perçue par l’État, égale à 0,10 % du prix.

Ancien ou neuf : l’écart qui change le budget

La réglementation distingue nettement les deux situations. Dans l’ancien, les droits de mutation s’appliquent au taux plein et portent l’ensemble des frais d’acquisition entre 6 % et 8 % du prix. Dans le neuf, la vente relève de la TVA immobilière et la taxe de publicité foncière est perçue à taux réduit : les frais tombent alors entre 2 % et 3,5 %. Sur un même budget, l’écart se compte en milliers d’euros et déplace parfois complètement l’arbitrage entre les deux marchés.

La hausse des droits de mutation, et qui y échappe

C’est le changement le plus structurant de ces dernières années, et celui que beaucoup d’acheteurs découvrent trop tard. L’article 116 de la loi de finances pour 2025 autorise chaque département à relever son taux de taxe départementale de 0,5 point, dans la limite d’un plafond de 5 %. Cette faculté vaut pour les actes authentiques signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028, et la quasi-totalité des départements l’a activée.

Concrètement, en additionnant la part départementale, la taxe communale de 1,20 % et les frais d’assiette perçus par l’État, les droits de mutation représentent en 2026 environ 6,32 % du prix dans un département au taux plafond, contre 5,81 % dans un département resté à 4,50 % — et 5,09 % dans les rares départements appliquant un taux réduit. Sur un achat à 250 000 €, l’écart entre les deux premiers cas dépasse 1 200 €.

Le point à vérifier avant de signer

La majoration de 0,5 point ne s’applique pas aux primo-accédants qui achètent leur résidence principale — c’est-à-dire, au sens du texte, aux acheteurs qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant l’acte. Un investissement locatif antérieur ne fait pas perdre le bénéfice de la mesure. Si vous êtes dans ce cas, dites-le à votre notaire dès la promesse : c’est à lui de l’acter. Nos aides destinées aux primo-accédants détaillent les autres coups de pouce mobilisables.

Les honoraires d’agence

Les commissions des agences immobilières demandent une attention spécifique, car elles ne sont pas toujours lisibles dans le prix affiché. Elles tournent en moyenne autour de 5 % de la valeur du bien, mais la fourchette réelle est large et le taux est généralement dégressif : un petit budget supporte un pourcentage plus élevé qu’une maison à 600 000 €. Selon la nature du mandat, ces honoraires sont mis à la charge du vendeur ou de l’acquéreur, ce qui change la base de calcul des droits de mutation — un détail qui pèse plusieurs centaines d’euros.

Deux réflexes utiles. D’abord, exiger le barème : son affichage est une obligation légale, et le comparer d’une agence à l’autre suffit souvent à ouvrir la discussion. Ensuite, vérifier ce que la commission recouvre réellement — un mandat simple, un mandat exclusif et une plateforme à honoraires réduits ne rendent pas le même service. La possibilité de négocier existe bel et bien, elle est simplement rarement utilisée.

Garantie, dossier, assurance : le coût du crédit hors intérêts

Les frais liés au financement forment un poste à part entière, distinct du taux d’intérêt. La banque exige d’abord une garantie. L’hypothèque, ou son équivalent le privilège de prêteur de deniers, passe par un acte notarié et coûte de l’ordre de 1,5 % à 2 % du capital emprunté, taxe de publicité foncière comprise. La caution mutuelle, proposée par des organismes comme Crédit Logement ou les structures internes aux réseaux bancaires, revient sensiblement moins cher, d’autant qu’une partie du fonds mutuel de garantie vous est restituée à la fin du prêt. Sur un prêt de plusieurs centaines de milliers d’euros, l’écart entre les deux formules se chiffre en milliers d’euros.

S’ajoutent les frais de dossier, propres à chaque établissement, et l’assurance emprunteur, qui court sur toute la durée du crédit et représente une part loin d’être anecdotique du coût total. Depuis la loi du 28 février 2022, vous pouvez en changer à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire, à condition de présenter des garanties équivalentes. C’est le levier d’économie le plus accessible, et le plus souvent oublié. La question de l’apport, elle, se joue en amont : nous l’avons traitée en détail dans acheter avec ou sans apport.

Les frais vraiment « cachés » : ceux que personne ne budgète

Au-delà de ces postes classiques, d’autres dépenses apparaissent après la signature, et ce sont elles qui font dérailler les budgets serrés. Les charges courantes de copropriété tombent dès le premier appel trimestriel, et le vendeur n’est tenu de vous informer que de ce qui est voté, pas de ce qui se prépare : demandez systématiquement les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales. La taxe foncière, elle, se répartit au prorata l’année de l’achat, puis vous incombe en entier — son montant réel figure sur l’avis d’imposition du vendeur, il suffit de le réclamer.

Viennent ensuite les travaux issus de diagnostics complémentaires ou de désordres découverts après l’emménagement, le déménagement lui-même, le raccordement des énergies, l’assurance habitation et, parfois, des actes notariés supplémentaires. Il peut aussi arriver que des frais interviennent après la signature : mainlevée d’hypothèque, régularisation cadastrale, intervention d’un commissaire de justice. Une réserve financière dédiée à ces aléas n’est pas un luxe, c’est la condition pour ne pas financer à crédit ce qui aurait pu être prévu. Notre guide sur le financement des travaux détaille les dispositifs mobilisables une fois installé.

Exemple chiffré : un achat de 250 000 € dans l’ancien

Rien ne remplace un cas concret. Voici la décomposition des frais d’acquisition pour un appartement ancien acheté 250 000 € dans un département ayant porté sa taxe départementale à 5 %. Les montants sont calculés à partir des barèmes officiels en vigueur, hors honoraires d’agence et hors frais de crédit.

PosteMontant estiméBase de calcul
Droits de mutation≈ 15 800 €5,00 % départemental + 1,20 % communal + 2,37 % de frais d’assiette sur la part départementale
Émoluments du notaire (TTC)≈ 2 875 €Barème progressif par tranches (3,870 % / 1,596 % / 1,064 % / 0,799 %), majoré de la TVA à 20 %
Contribution de sécurité immobilière250 €0,10 % du prix
Déboursquelques centaines d’eurosCadastre, état civil, urbanisme, syndic, publicité foncière — avancés par le notaire
Total des frais d’acquisition≈ 19 300 €, soit 7,7 % du prixHors honoraires d’agence et hors frais liés au crédit
Le même achat par un primo-accédant≈ 18 000 €, soit 7,2 % du prixLa taxe départementale reste à 4,50 % : environ 1 280 € d’économie

Sources : barème des émoluments du notaire (article A444-91 du code de commerce, arrêté du 25 février 2026, en vigueur jusqu’au 29 février 2028) ; article 116 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) sur la majoration des droits de mutation ; barème DGFiP des taux départementaux ; immobilier.notaires.fr et lafinancepourtous.com pour les fourchettes de marché. Chiffres vérifiés le 3 septembre 2026.

Ce calcul est une estimation, pas un devis : seul le notaire chargé du dossier arrête le montant exact, en fonction du département, de la nature du bien et des débours réellement engagés. Avant de faire une offre, passez systématiquement le prix envisagé dans un simulateur officiel — ceux des chambres des notaires et de l’ANIL sont gratuits et à jour des taux départementaux. Cinq minutes suffisent, et elles évitent de découvrir 3 000 € d’écart la veille de la signature.

Le réflexe qui fait gagner de l’argent

Si le bien est vendu avec des meubles — cuisine équipée non intégrée, électroménager, mobilier —, leur valeur peut être déduite de l’assiette des droits de mutation, à condition d’être détaillée dans un inventaire justifié et réaliste. Les droits ne portent alors que sur la valeur de l’immobilier. C’est une déduction parfaitement légale, à préparer dès la promesse de vente avec le notaire, factures à l’appui.

Les pièges fréquents et les erreurs à éviter

Il est courant que les acquéreurs ne prennent pas suffisamment en compte la variabilité des frais selon le type de logement ou la localisation géographique, ce qui conduit à une estimation incomplète du budget. Omettre d’intégrer les frais liés aux garanties de prêt ou aux charges de copropriété crée aussi de mauvaises surprises en cours de projet. Ne pas prévoir de marge de sécurité financière est une erreur qui fragilise la gestion des imprévus.

L’intervalle entre la signature du compromis et celle de l’acte authentique dure en général autour de trois mois, période pendant laquelle des frais intercalaires peuvent s’accumuler, notamment sur le crédit immobilier. Bien qu’il soit possible d’accélérer ce délai en organisant mieux les interventions, il ne faut jamais sacrifier les étapes nécessaires à la sécurité juridique et aux vérifications.

L’acompte versé à la signature du compromis requiert une vigilance particulière, car il représente souvent entre 5 % et 10 % du prix. Il protège le vendeur tout en engageant l’acheteur, qui risque de perdre cette somme en cas de désistement hors des cas prévus au contrat. Une bonne compréhension des clauses associées est capitale pour limiter les risques financiers : nous avons listé les erreurs à éviter avant de signer un compromis.

Comment faire baisser la facture

Trois leviers fonctionnent réellement, et ils ne se valent pas. Le premier tient à la structure de l’achat : déduire la valeur des meubles, faire valoir son statut de primo-accédant, arbitrer entre neuf et ancien en intégrant l’écart de frais dans la comparaison. Le deuxième porte sur le crédit : mettre les banques en concurrence sur les frais de dossier, choisir la bonne garantie et déléguer l’assurance emprunteur. Le troisième concerne les honoraires d’agence, qui restent une ligne négociable comme une autre.

Le rôle des professionnels reste déterminant dans cette démarche. Le notaire donne un détail clair des différents postes de coûts et peut accorder une remise sur la part de ses émoluments calculée au-delà de 100 000 €. Les courtiers et intermédiaires financiers participent à l’optimisation des dépenses en recherchant les conditions les plus avantageuses. En revanche, aucun d’eux ne fera baisser les taxes : c’est en amont, sur le choix du bien et le montage du financement, que se joue l’essentiel.

Questions fréquentes

Les frais de notaire sont-ils négociables ?

Pas dans leur majeure partie : droits de mutation, contribution de sécurité immobilière et débours sont des sommes reversées à des tiers. Seule la part des émoluments du notaire calculée sur les tranches d’assiette égales ou supérieures à 100 000 € peut faire l’objet d’une remise, plafonnée à 20 %. C’est une faculté du notaire, pas un droit de l’acheteur : elle se demande, poliment et tôt.

Pourquoi paie-t-on beaucoup moins de frais dans le neuf ?

Parce que la vente d’un logement neuf relève de la TVA immobilière et que la taxe de publicité foncière y est perçue à taux réduit, là où l’ancien supporte les droits de mutation à taux plein. Les frais d’acquisition tombent ainsi de 6-8 % à 2-3,5 % du prix. L’écart doit être intégré dans toute comparaison entre les deux marchés, au même titre que le prix au mètre carré.

Un primo-accédant paie-t-il moins de frais d’acquisition ?

Oui, depuis la réforme des droits de mutation. La majoration de 0,5 point votée par la quasi-totalité des départements ne s’applique pas aux primo-accédants achetant leur résidence principale, définis comme n’ayant pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédant l’acte. L’économie se chiffre à un peu plus de 1 200 € sur un achat à 250 000 €.

Peut-on emprunter les frais de notaire ?

Aucun texte ne l’interdit : il s’agit d’une décision commerciale de la banque, pas d’une règle légale. En pratique, un financement couvrant à la fois le prix et les frais suppose un dossier solide, car il augmente mécaniquement le montant emprunté au regard de la valeur du bien. La question se prépare en même temps que celle de l’apport.

Déduire les meubles fait-il vraiment baisser les frais ?

Oui, à condition de le faire correctement. La valeur du mobilier vendu avec le logement peut être retirée de l’assiette des droits de mutation si elle est détaillée dans un inventaire justifié et cohérente avec la valeur réelle des biens, factures à l’appui. Une évaluation fantaisiste, elle, expose à un redressement : la déduction se prépare avec le notaire, pas contre lui.

Quand faut-il payer ces frais ?

Les frais d’acquisition et les honoraires d’agence sont réglés le jour de la signature de l’acte authentique, en une fois, et ne peuvent pas être étalés. Les frais de garantie et de dossier sont prélevés au déblocage du prêt. L’assurance emprunteur court chaque mois pendant toute la durée du crédit, et les charges de copropriété comme la taxe foncière démarrent après la remise des clés.

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Conclusion

Les coûts cachés liés à une acquisition immobilière représentent un enjeu majeur que tout acheteur doit intégrer dès la phase de préparation. Une connaissance approfondie des composantes, telles que les frais de notaire, les droits de mutation, les commissions des agences et les charges financières, est indispensable pour éviter de dépasser le budget prévu. L’usage d’outils adaptés, la collaboration avec des professionnels compétents et une négociation prudente constituent les meilleures garanties pour maîtriser ces dépenses additionnelles. Avec une anticipation rigoureuse, le parcours d’achat devient plus transparent, et l’acquéreur peut mener son projet avec confiance, sans craindre de mauvaises surprises financières.

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